Deux vecteurs, un nombre : quatre formules pour le calculer, choisies selon ce que donne l'énoncé.
-
Calculer un produit scalaire de la façon adaptée aux données
-
Démontrer que deux vecteurs sont orthogonaux
-
Développer une expression avec les règles de calcul du produit scalaire
-
Calculer une longueur ou un angle avec la formule d'Al-Kashi
-
Caractériser un cercle de diamètre donné par un produit scalaire nul
Tirer une valise par une poignée inclinée à \(30°\) : une partie seulement de la force la fait avancer, le reste la soulève.
Tirer à la verticale ne l'avancerait pas du tout : le travail serait nul.
Le produit scalaire mesure ce que deux directions ont en commun, et s'annule quand elles sont perpendiculaires.
Un produit qui rend un nombre
Le produit scalaire prend deux vecteurs et rend un nombre réel: c'est ce qui le distingue de toutes les opérations vectorielles vues jusqu'ici.
Il se note \(\vec{u} \cdot \vec{v}\), et se calcule de quatre façons. Aucune n'est la bonne : c'est la donnée de l'énoncé qui décide.
Par les coordonnées
Dans un repère orthonormé, si \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix}\) :
Exemple :
C'est la voie la plus rapide, et la seule qui ne demande aucune figure. Elle exige en revanche un repère orthonormé - la formule est fausse sans cela.
Par les normes et l'angle
Si \(\theta\) est l'angle entre les deux vecteurs :
C'est la forme à employer quand l'énoncé donne des longueurs et un angle, ce qui est le cas dès qu'on travaille dans un triangle.
Exemple :
Deux vecteurs de normes \(4\) et \(6\), formant un angle de \(\frac{\pi}{3}\) :
Par la projection orthogonale
Si \(H\) est le projeté orthogonal de \(C\) sur la droite \((AB)\), alors:
Ce produit vaut alors \(AB \times AH\) si \(\overrightarrow{AH}\) va dans le même sens que \(\overrightarrow{AB}\), et \(-AB \times AH\) sinon.
C'est cette lecture qui donne son sens au produit scalaire : il mesure ce qu'un vecteur apporte dans la direction de l'autre. En physique, c'est exactement le travail d'une force.
Par les normes seules
Utile lorsque l'énoncé ne fournit que des longueurs, sans angle ni coordonnées.
L'orthogonalité
Le critère d'orthogonalité
Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul:
La raison se lit sur la formule à l'angle : \(\cos\left(\frac{\pi}{2}\right) = 0\), donc le produit s'annule exactement quand l'angle est droit.
Exemple :
C'est l'usage le plus fréquent du produit scalaire : démontrer qu'un angle est droit sans le mesurer, donc sans figure et sans approximation.
Les règles de calcul
Le produit scalaire se manipule presque comme un produit ordinaire.
Propriété |
Écriture |
|---|---|
Symétrie |
$$ \vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u} $$ |
Distributivité |
$$ \vec{u} \cdot \left( \vec{v} + \vec{w} \right) = \vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{w} $$ |
Facteur réel |
$$ \left( k \vec{u} \right) \cdot \vec{v} = k \left( \vec{u} \cdot \vec{v} \right) $$ |
Carré scalaire |
$$ \vec{u} \cdot \vec{u} = \| \vec{u} \|^2 $$ |
Ces règles donnent les deux développements qui servent partout, et qui ressemblent aux identités remarquables:
Il n'existe en revanche aucune division par un vecteur, et \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\) n'entraîne pas qu'un des deux vecteurs soit nul - contrairement au produit des nombres.
La formule d'Al-Kashi
Elle généralise le théorème de Pythagore à tous les triangles, et non plus aux seuls triangles rectangles.
Quand l'angle \(\widehat{A}\) est droit, son cosinus est nul et le dernier terme disparaît: on retrouve Pythagore.
Exemple :
Dans un triangle avec \(AB = 5\), \(AC = 8\) et \(\widehat{A} = \frac{\pi}{3}\) :
L'ensemble des points tels que \(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0\)
Cette condition décrit le cercle de diamètre \(\bigl[AB\bigr]\). C'est la traduction, en produit scalaire, d'une propriété connue depuis le collège.
Le calcul donne au passage un résultat plus général : \(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = MI^2 - IA^2\) quelle que soit la position de \(M\). C'est cette égalité qui permet de traiter les autres lieux géométriques.