Proportions
Proportion
Soit \(E\) un ensemble de \(n_E\) éléments et \(A\) une partie de \(E\) comptant \(n_A\) éléments. La proportion de \(A\) dans \(E\) est le quotient:
C'est un nombre compris entre \(0\) et \(1\). Multiplié par \(100\), il s'exprime en pourcentage.
Dans un lycée de \(800\) élèves, \(200\) sont en seconde. La proportion d'élèves de seconde vaut donc :
Proportion d'une proportion
Lorsque trois ensembles sont emboîtés, les proportions se multiplient.
La composition de deux proportions
Par définition des trois proportions :
Le nombre \(n_B\) se simplifie, car il figure au numérateur comme au dénominateur :
Dans un lycée, \(60\ \%\) des élèves sont externes et \(25\ \%\) des externes suivent l'allemand. La proportion d'élèves à la fois externes et germanistes vaut :
Les pourcentages ne s'additionnent pas : c'est bien un produit qu'il faut effectuer.
Mesurer une évolution
Une grandeur passe d'une valeur de départ \(V_D\) à une valeur d'arrivée \(V_A\). Deux façons complémentaires de mesurer cette évolution coexistent.
Variation absolue
La variation absolue est la différence entre les deux valeurs:
Elle s'exprime dans l'unité de la grandeur étudiée.
Coefficient multiplicateur
Le coefficient multiplicateur est le quotient de la valeur d'arrivée par la valeur de départ:
C'est un nombre sans unité, qui n'a de sens que si \(V_D \neq 0\).
Taux d'évolution
Le taux d'évolution rapporte la variation absolue à la valeur de départ. Il mesure l'évolution relativement à ce dont on part.
Le coefficient multiplicateur et le taux d'évolution décrivent la même chose, sous deux écritures liées :
Le lien entre taux et coefficient multiplicateur
On part de la définition du taux d'évolution, écrit sous forme décimale :
En ajoutant \(1\) de chaque côté :
Le signe du taux indique le sens de l'évolution, et se lit directement sur le coefficient multiplicateur :
Sens de l'évolution |
Taux \(t\) |
Coefficient multiplicateur |
|---|---|---|
Hausse \((\nearrow)\) |
\(t > 0\) |
\(CM > 1\) |
Aucune évolution |
\(t = 0\) |
\(CM = 1\) |
Baisse \((\searrow)\) |
\(t < 0\) |
\(0 < CM < 1\) |
Une baisse peut se présenter de deux façons : soit le taux est annoncé négatif, soit il est annoncé positif mais le texte précise explicitement qu'il s'agit d'une diminution.
Enchaîner des évolutions
Évolutions successives
Lorsque plusieurs évolutions se suivent, les coefficients multiplicateurs se multiplient.
Le coefficient multiplicateur global
Notons \(V_0\) la valeur initiale, \(V_1\) la valeur après la première évolution et \(V_2\) celle après la seconde. Par définition :
En remplaçant \(V_1\) par son expression dans la seconde égalité :
Or le coefficient multiplicateur global est le quotient de \(V_2\) par \(V_0\), d'où :
Les taux, eux, ne s'additionnent pas. Un prix qui augmente de \(10\ \%\) puis diminue de \(10\ \%\) ne revient pas à son point de départ:
Le coefficient global vaut \(0{,}99\), soit une baisse de \(1\ \%\) sur l'ensemble.
Évolution réciproque
L'évolution réciproque est celle qui ramène la valeur d'arrivée à la valeur de départ. Son coefficient multiplicateur est l'inverse du premier.
Le coefficient multiplicateur réciproque
Enchaîner l'évolution puis sa réciproque doit laisser la valeur inchangée, c'est-à-dire donner un coefficient global égal à \(1\) :
Comme \(CM \neq 0\), on divise les deux membres par \(CM\) :
Après une hausse de \(25\ \%\), le coefficient vaut \(1{,}25\). Pour revenir à la valeur initiale, il faut appliquer :
soit une baisse de \(20\ \%\), et non de \(25\ \%\).
Comparer deux quantités
Deux quantités se comparent de deux manières, qui ne racontent pas la même histoire.
Comparaison additive
On compare par la différence \(B - A\). Elle répond à la question : « combien de plus ? », et s'exprime dans l'unité de la grandeur.
Comparaison multiplicative
On compare par le rapport \(\frac{B}{A}\), aussi appelé ratio. Elle répond à la question : « combien de fois plus ? », et ne vaut que pour des quantités strictement positives.
Deux salaires de \(1\,500\ \text{€}\) et \(1\,800\ \text{€}\) diffèrent de \(300\ \text{€}\) par comparaison additive, et sont dans un rapport de \(1{,}2\) par comparaison multiplicative, soit \(20\ \%\) de plus. Le choix dépend de ce que l'on veut mettre en évidence : un écart, ou une proportion.