Une équation qu'on ne sait pas résoudre, une suite dont on ignore le terme général, un algorithme qui encadre : trois situations où l'on démontre qu'une solution existe sans jamais l'écrire.
Démontrer l'existence et l'unicité d'une solution à une équation f(x) = k.
Encadrer cette solution.
Étudier une suite définie par une relation de récurrence, et déterminer sa limite.
Interpréter un algorithme de dichotomie.
L'équation sans solution évidente
On considère la fonction définie sur \(\bigl[0 \ ; \ 2\bigr]\) par :
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Démontrer que \(f\) est strictement croissante sur \(\bigl[0 \ ; \ 2\bigr]\).$$ f'(x) = 3x^2 + 1 $$
Cette dérivée est strictement positive pour tout réel, puisque \(3x^2 \geqslant 0\).
$$ f \ \text{est strictement croissante sur} \ \bigl[0 \ ; \ 2\bigr] $$ -
En déduire que l'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(\alpha\) sur cet intervalle.
\(f\) est continue sur \(\bigl[0 \ ; \ 2\bigr]\), car dérivable, et strictement croissante. De plus :
$$ f(0) = -3 \qquad f(2) = 7 $$Zéro est compris entre ces deux valeurs : le théorème des valeurs intermédiaires, dans sa version stricte, s'applique.
$$ \text{il existe un unique } \alpha \in \bigl]0 \ ; \ 2\bigr[ \text{ tel que } f(\alpha) = 0 $$ -
Donner un encadrement de \(\alpha\) d'amplitude \(0{,}1\).
On calcule quelques valeurs et l'on repère le changement de signe :
$$ f(1{,}2) \approx -0{,}072 \qquad f(1{,}3) \approx 0{,}497 $$$$ 1{,}2 < \alpha < 1{,}3 $$
La suite qui tend vers 2
On considère la suite définie par :
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Calculer \(u_1\) et \(u_2\), arrondis au millième.$$ u_1 = \sqrt{2} \approx 1{,}414 $$$$ u_2 = \sqrt{\sqrt{2} + 2} \approx 1{,}848 $$
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Démontrer par récurrence que \(0 \leqslant u_n < 2\) pour tout \(n\).
Initialisation : \(u_0 = 0\), qui vérifie bien \(0 \leqslant 0 < 2\).
Hérédité : supposons \(0 \leqslant u_n < 2\). En ajoutant \(2\) :
$$ 2 \leqslant u_n + 2 < 4 $$La racine carrée étant croissante :
$$ \sqrt{2} \leqslant u_{n+1} < 2 $$$$ \text{pour tout } n, \ 0 \leqslant u_n < 2 $$ -
Démontrer que la suite est croissante.
Les termes étant positifs, on compare les carrés :
$$ u_{n+1}^{\,2} - u_n^{\,2} = u_n + 2 - u_n^{\,2} = -\bigl(u_n - 2\bigr)\bigl(u_n + 1\bigr) $$Or \(0 \leqslant u_n < 2\) : le premier facteur est négatif, le second positif, donc leur produit est négatif et son opposé positif.
$$ u_{n+1} > u_n $$ -
En déduire que la suite converge, et déterminer sa limite.
Croissante et majorée par \(2\), la suite converge vers un réel \(\ell\).
La fonction \(x \mapsto \sqrt{x + 2}\) est continue sur \(\bigl[0 \ ; \ 2\bigr]\), donc la limite vérifie l'équation du point fixe :
$$ \ell = \sqrt{\ell + 2} \quad \Longleftrightarrow \quad \ell^2 - \ell - 2 = 0 $$Les racines sont \(-1\) et \(2\), et la limite est positive :
$$ \ell = 2 $$
L'algorithme qui encadre
On reprend la fonction \(f(x) = x^3 + x - 3\) et sa solution \(\alpha\) sur \(\bigl[0 \ ; \ 2\bigr]\). L'algorithme suivant en donne un encadrement.
a = 0
b = 2
while b - a > 0.01:
m = (a + b) / 2
if m**3 + m - 3 < 0:
a = m
else:
b = m
print(a, b)
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Expliquer pourquoi le test porte sur le signe de \(f(m)\), et non sur sa valeur.
\(f\) est croissante et s'annule en \(\alpha\) : elle est négative avant, positive après. Le signe de \(f(m)\) dit donc de quel côté de \(\alpha\) se trouve \(m\).
Si \(f(m) < 0\), alors \(m < \alpha\) et l'on remonte la borne inférieure ; sinon \(m \geqslant \alpha\) et l'on abaisse la borne supérieure. L'encadrement se resserre en gardant \(\alpha\) à l'intérieur.
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Combien de passages dans la boucle l'algorithme effectue-t-il ?
L'amplitude vaut \(2\) au départ, et se divise par deux à chaque passage. On cherche le plus petit \(n\) tel que :
$$ \frac{2}{2^n} \leqslant 0{,}01 \quad \Longleftrightarrow \quad 2^n \geqslant 200 $$Or \(2^7 = 128\) et \(2^8 = 256\) :
$$ n = 8 \ \text{passages} $$ -
Pourquoi la continuité de \(f\) est-elle indispensable ici ?
Sans elle, un changement de signe entre deux bornes ne garantit plus qu'une valeur nulle soit atteinte : la fonction pourrait sauter par-dessus zéro. L'algorithme resserrerait alors un intervalle autour de rien.