L'exponentielle transforme une somme en produit. Le logarithme fait le chemin inverse, et c'est toute son utilité : il fait descendre l'exposant, là où il devient une inconnue ordinaire.
La réciproque de l'exponentielle
Logarithme népérien
Pour tout réel \(x\) strictement positif, \(\ln(x)\) est l'unique réel dont l'exponentielle vaut \(x\) :
Les deux fonctions se défont donc l'une l'autre :
Deux valeurs à connaître, qui découlent directement de la définition :
Le logarithme n'existe que pour les réels strictement positifs. C'est la première chose à écrire dans tout exercice : l'ensemble de définition, avant le moindre calcul.
L'équation fonctionnelle
Le logarithme d'un produit
Tout le reste s'en déduit :
C'est la troisième formule qui fait tout le travail des problèmes de seuil : elle sort l'inconnue de l'exposant. Sans elle, \(1{,}04^n \geqslant 2\) reste insoluble.
Dérivée et variations
Dérivée du logarithme
D'où vient cette dérivée
On admet que la fonction logarithme est dérivable sur \(\bigl]0 \ ; \ +\infty\bigr[\), et l'on part de l'identité qui la définit :
Les deux membres sont des fonctions égales : leurs dérivées le sont aussi. À gauche, c'est une composée, dont la dérivée vaut \(u' \times e^u\) :
Or \(e^{\ln(x)}\) vaut \(x\) :
Cette dérivée est strictement positive sur \(\bigl]0 \ ; \ +\infty\bigr[\) : la fonction y est strictement croissante.
C'est cette stricte croissance qui autorise à « passer au logarithme » des deux côtés d'une équation ou d'une inéquation, sans en changer le sens.
Et pour une composée, la règle habituelle :
Limites et courbe
La courbe du logarithme est celle de l'exponentielle réfléchie par la droite d'équation \(y = x\) : c'est ce que signifie « réciproque », et les deux limites s'y lisent.
Exponentielle |
Logarithme |
|---|---|
définie sur \(\mathbb{R}\) |
définie sur \(\bigl]0 \ ; \ +\infty\bigr[\) |
valeurs dans \(\bigl]0 \ ; \ +\infty\bigr[\) |
valeurs dans \(\mathbb{R}\) |
passe par \((0 \ ; \ 1)\) |
passe par \((1 \ ; \ 0)\) |
asymptote horizontale en \(-\infty\) |
asymptote verticale en \(0\) |
Les limites de l'exponentielle
Le chapitre sur la convexité établit que \(e^x \geqslant 1 + x\) pour tout réel : la courbe de l'exponentielle, qui est convexe, reste au-dessus de sa tangente en \(0\).
Or \(1 + x\) tend vers \(+\infty\). Par comparaison, une fonction minorée par une fonction qui diverge diverge aussi :
Pour l'autre limite, on écrit l'exponentielle comme un inverse :
Quand \(x\) tend vers \(-\infty\), \(-x\) tend vers \(+\infty\), donc \(e^{-x}\) aussi, et son inverse tend vers zéro :
Croissances comparées
Le logarithme croît, mais moins vite que n'importe quelle puissance. C'est ce que disent ces deux limites, et elles lèvent les indéterminations correspondantes.
Pourquoi \(x \ln(x)\) tend vers zéro en \(0^+\)
Posons \(X = \ln(x)\), de sorte que \(x = e^X\).
Quand \(x\) tend vers \(0^+\), son logarithme \(X\) tend vers \(-\infty\). Le produit se réécrit alors :
Or la croissance comparée de l'exponentielle sur les puissances donne \(\lim\limits_{X \to -\infty} X e^X = 0\) :
Le changement de variable est ici le seul geste utile : il ramène une limite en zéro à une limite en l'infini, où les croissances comparées savent conclure.
Équations et inéquations
L'exponentielle et le logarithme se défont l'une l'autre : on applique celle qui débarrasse l'inconnue de sa position gênante.
L'équation |
On applique |
Condition |
|---|---|---|
\(e^x = a\) |
le logarithme |
\(a > 0\) |
\(\ln(x) = a\) |
l'exponentielle |
aucune |
\(q^n \geqslant a\) |
le logarithme |
attention au signe de \(\ln(q)\) |
Exemple :
Résoudre \(\ln(2x - 6) = 1\).
-
l'ensemble de définition d'abord : \(2x - 6 > 0\), soit \(x > 3\)
-
on applique l'exponentielle : \(2x - 6 = e\)
Cette valeur est bien supérieure à \(3\) :
La vérification finale n'est pas une politesse : une solution trouvée hors de l'ensemble de définition doit être écartée. C'est ce qui distingue une équation avec logarithme d'une équation ordinaire.