Un isotope qui se désintègre, une fonction dont on cherche le minimum, un capital qui double : trois questions où l'inconnue est en exposant, et où le logarithme est le seul moyen de l'en faire descendre.
Passer d'une écriture en puissance à une écriture exponentielle.
Résoudre une équation ou une inéquation à l'aide du logarithme.
Étudier une fonction construite à partir du logarithme.
Résoudre un problème de seuil et interpréter le résultat.
La demi-vie de l'isotope
Un échantillon radioactif perd \(3 \ \%\) de sa masse chaque année. On note \(m_0\) sa masse initiale et \(m(t)\) sa masse au bout de \(t\) années.
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Écrire \(m(t)\) sous la forme \(m_0 \, e^{kt}\), et donner la valeur de \(k\).
Toute puissance s'écrit comme une exponentielle : \(0{,}97^{\,t} = e^{t \ln(0{,}97)}\).
$$ k = \ln(0{,}97) \approx -0{,}0305 $$ -
Déterminer la demi-vie de l'échantillon, c'est-à-dire le temps au bout duquel il a perdu la moitié de sa masse.$$ m_0 \times 0{,}97^{\,t} = \frac{m_0}{2} \quad \Longleftrightarrow \quad 0{,}97^{\,t} = 0{,}5 $$
En passant au logarithme :
$$ t \ln(0{,}97) = \ln(0{,}5) \quad \Longleftrightarrow \quad t = \frac{\ln(0{,}5)}{\ln(0{,}97)} $$$$ t \approx 22{,}8 \ \text{années} $$La masse initiale a disparu du calcul : la demi-vie ne dépend que du taux de perte.
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Interpréter le signe de \(k\).
\(k\) est négatif parce que \(0{,}97 < 1\), donc son logarithme est négatif : l'exponentielle \(e^{kt}\) décroît, ce qui traduit la perte de masse.
Le minimum de \(x - \ln(x)\)
On considère la fonction définie sur \(\bigl]0 \ ; \ +\infty\bigr[\) par :
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Calculer \(f'(x)\), et l'écrire sous la forme d'un quotient.$$ f'(x) = 1 - \frac{1}{x} $$$$ f'(x) = \frac{x - 1}{x} $$
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Étudier le signe de \(f'\), et dresser le tableau de variations.
Sur \(\bigl]0 \ ; \ +\infty\bigr[\), le dénominateur est strictement positif : \(f'\) a donc le signe de \(x - 1\).
\(f\) décroît sur \(\bigl]0 \ ; \ 1\bigr]\), puis croît sur \(\bigl[1 \ ; \ +\infty\bigr[\).
$$ f(1) = 1 - \ln(1) = 1 \quad \text{est le minimum} $$ -
Déterminer les limites de \(f\) en \(0^+\) et en \(+\infty\).
En \(0^+\), \(\ln(x)\) tend vers \(-\infty\), donc \(-\ln(x)\) vers \(+\infty\) : la somme aussi.
En \(+\infty\), la forme est indéterminée. On factorise le terme prépondérant :
$$ f(x) = x\left(1 - \frac{\ln(x)}{x}\right) $$Par croissances comparées, \(\frac{\ln(x)}{x}\) tend vers \(0\), donc la parenthèse vers \(1\) :
$$ \lim\limits_{x \to 0^+} f(x) = \lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = +\infty $$ -
En déduire que \(\ln(x) \leqslant x - 1\) pour tout \(x > 0\).
Le minimum de \(f\) vaut \(1\), donc \(x - \ln(x) \geqslant 1\) pour tout \(x > 0\) :
$$ \ln(x) \leqslant x - 1 $$C'est l'inégalité que la convexité donnait par la tangente en \(1\) : les deux chemins mènent au même résultat.
Le capital qui double
Un capital de \(5 \ 000 \ \text{€}\) est placé au taux annuel de \(4 \ \%\), les intérêts étant capitalisés chaque année. On note \(C_n\) le capital au bout de \(n\) années.
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Déterminer le nombre d'années au bout duquel le capital dépasse \(8 \ 000 \ \text{€}\).$$ 5 \ 000 \times 1{,}04^{\,n} \geqslant 8 \ 000 \quad \Longleftrightarrow \quad 1{,}04^{\,n} \geqslant 1{,}6 $$$$ n \ln(1{,}04) \geqslant \ln(1{,}6) $$
\(\ln(1{,}04)\) est positif, puisque \(1{,}04 > 1\) : l'inégalité garde son sens.
$$ n \geqslant \frac{\ln(1{,}6)}{\ln(1{,}04)} \approx 11{,}98 $$$$ n = 12 \ \text{années} $$ -
Au bout de combien d'années le capital aura-t-il doublé ?$$ 1{,}04^{\,n} \geqslant 2 \quad \Longleftrightarrow \quad n \geqslant \frac{\ln(2)}{\ln(1{,}04)} \approx 17{,}67 $$$$ n = 18 \ \text{années} $$
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Cette dernière réponse dépend-elle du capital placé ? Justifier.
Non. Doubler, c'est vérifier \(C_n \geqslant 2 \, C_0\), et le capital initial se simplifie des deux côtés : il ne reste que \(1{,}04^{\,n} \geqslant 2\).
$$ \text{le temps de doublement ne dépend que du taux} $$
Deux entiers qui se répondent
En club de mathématiques, un élève remarque une coïncidence : \(2^4\) et \(4^2\) valent tous deux \(16\). Il cherche d'autres couples d'entiers naturels non nuls \(a\) et \(b\), distincts, tels que :
Après une heure d'essais, il n'en a trouvé aucun autre. Il s'agit de démontrer qu'il n'y en a pas.
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Démontrer que, pour deux entiers \(a\) et \(b\) strictement positifs :$$ a^b = b^a \quad \Longleftrightarrow \quad \frac{\ln(a)}{a} = \frac{\ln(b)}{b} $$
Les deux membres de \(a^b = b^a\) sont strictement positifs, et la fonction logarithme est strictement croissante sur \(\bigl] 0 \ ; \ + \infty \bigr[\) : elle transforme donc cette égalité en une égalité équivalente.
$$ a^b = b^a \quad \Longleftrightarrow \quad \ln \left( a^b \right) = \ln \left( b^a \right) $$L'équation fonctionnelle du logarithme donne \(\ln(a^b) = b \ln(a)\) et \(\ln(b^a) = a \ln(b)\) :
$$ a^b = b^a \quad \Longleftrightarrow \quad b \ln(a) = a \ln(b) $$Enfin \(a\) et \(b\) sont non nuls, on peut diviser les deux membres par \(ab\) :
$$ \frac{\ln(a)}{a} = \frac{\ln(b)}{b} $$ -
Soit \(f\) la fonction définie sur \(\bigl] 0 \ ; \ + \infty \bigr[\) par \(f(x) = \frac{\ln(x)}{x}\). Calculer \(f'(x)\), déterminer les limites de \(f\) en \(0\) et en \(+ \infty\), puis dresser son tableau de variations.$$ x $$$$ 0 $$$$ \hspace{10em} $$$$ + \infty $$$$ f'(x) $$$$ f(x) $$
tableau de variations de \(f\) (à compléter) C'est un quotient, avec \(u(x) = \ln(x)\) et \(v(x) = x\) :
$$ f'(x) = \frac{\frac{1}{x} \times x - \ln(x) \times 1}{x^2} $$$$ f'(x) = \frac{1 - \ln(x)}{x^2} $$Le dénominateur est strictement positif : \(f'(x)\) est du signe de \(1 - \ln(x)\), positif tant que \(\ln(x) < 1\), c'est-à-dire tant que \(x < e\), et négatif ensuite.
En \(0\), le numérateur tend vers \(- \infty\) et \(\frac{1}{x}\) vers \(+ \infty\) :
$$ \lim\limits_{x \to 0^+} f(x) = - \infty $$En \(+ \infty\), c'est la croissance comparée du logarithme et de la fonction identité :
$$ \lim\limits_{x \to + \infty} f(x) = 0 $$$$ x $$$$ 0 $$$$ e $$$$ + \infty $$$$ f'(x) $$$$ + $$$$ 0 $$$$ - $$$$ f(x) $$$$ - \infty $$
$$ \frac{1}{e} $$
$$ 0 $$variations de \(f\) sur \(\bigl] 0 \ ; \ + \infty \bigr[\) -
En déduire que si deux entiers distincts \(a\) et \(b\) conviennent, l'un des deux est nécessairement \(1\) ou \(2\).
Supposons \(a\) et \(b\) tous deux supérieurs ou égaux à \(3\). Comme \(e \approx 2{,}718\), ils sont tous deux dans \(\bigl[ e \ ; \ + \infty \bigr[\), où \(f\) est strictement décroissante, donc injective : \(f(a) = f(b)\) imposerait \(a = b\), ce que l'énoncé exclut.
$$ \text{le plus petit des deux vaut} \ 1 \ \text{ou} \ 2 $$ -
Conclure : déterminer tous les couples d'entiers distincts qui conviennent.
Il ne reste que deux cas à examiner, et chacun se règle par une équation.
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Si le plus petit vaut \(1\), alors \(f(b) = f(1) = 0\), donc \(\ln(b) = 0\), donc \(b = 1\) : les deux entiers sont égaux, cas exclu.
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Si le plus petit vaut \(2\), alors \(f(b) = \frac{\ln(2)}{2} = \frac{2 \ln(2)}{4} = \frac{\ln(4)}{4} = f(4)\). Or \(b\) et \(4\) sont tous deux dans \(\bigl[ e \ ; \ + \infty \bigr[\), où \(f\) est injective : \(b = 4\).
$$ \bigl( a \ ; \ b \bigr) = \bigl( 2 \ ; \ 4 \bigr) \quad \text{et} \quad \bigl( a \ ; \ b \bigr) = \bigl( 4 \ ; \ 2 \bigr) $$La coïncidence de l'élève est donc la seule. Ce qui la rend possible, c'est que \(f\) monte puis descend : une même valeur peut être atteinte deux fois, une fois avant \(e\), une fois après - et entre \(1\) et \(e\) il n'y a qu'un seul entier.
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Le prix du transport
Un transporteur fluvial affiche ses tarifs pour une même liaison : \(400 \ \text{€}\) pour \(8\) tonnes de marchandise, et \(900 \ \text{€}\) pour \(27\) tonnes. Sa plaquette annonce une loi de la forme :
Une coopérative a \(64\) tonnes à expédier. Ses péniches portent \(40\) tonnes au maximum, et elle hésite sur la façon de répartir le chargement.
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Déterminer la valeur de \(b\), puis celle de \(a\).
On passe les deux tarifs au logarithme, ce qui transforme la puissance en produit :
$$ \ln \bigl( P(m) \bigr) = \ln(a) + b \ln(m) $$$$ \ln(400) = \ln(a) + b \ln(8) \hspace{2em} \ln(900) = \ln(a) + b \ln(27) $$On soustrait membre à membre : \(\ln(a)\) disparaît.
$$ \ln(900) - \ln(400) = b \bigl( \ln(27) - \ln(8) \bigr) $$$$ \ln \left( \frac{9}{4} \right) = b \ln \left( \frac{27}{8} \right) $$Or \(\frac{27}{8} = \left( \frac{3}{2} \right)^3\) et \(\frac{9}{4} = \left( \frac{3}{2} \right)^2\), donc :
$$ 2 \ln \left( \frac{3}{2} \right) = 3 \, b \ln \left( \frac{3}{2} \right) $$Comme \(\ln \left( \frac{3}{2} \right) \neq 0\), on simplifie :
$$ b = \frac{2}{3} $$On reporte dans le premier tarif, avec \(8^{\frac{2}{3}} = \left( 2^3 \right)^{\frac{2}{3}} = 4\) :
$$ 400 = a \times 4 $$$$ a = 100 \hspace{2em} \text{donc} \hspace{2em} P(m) = 100 \, m^{\frac{2}{3}} $$Vérification sur le second tarif : \(27^{\frac{2}{3}} = 3^2 = 9\), et \(100 \times 9 = 900\).
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Comparer le prix d'un chargement unique de \(64\) tonnes à celui de deux chargements de \(32\) tonnes.$$ P(64) = 100 \times 64^{\frac{2}{3}} = 100 \times 4^2 = 1 \ 600 $$$$ 32^{\frac{2}{3}} = e^{\frac{2}{3} \ln(32)} \approx 10{,}08 \hspace{2em} \text{donc} \hspace{2em} 2 \, P(32) \approx 2 \ 016 $$$$ \text{un seul chargement coûterait} \ 416 \ \text{€ de moins} $$
Le tarif n'est pas proportionnel à la masse : doubler la masse ne multiplie le prix que par \(2^{\frac{2}{3}} \approx 1{,}59\).
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Le chargement unique est impossible. On note \(x\) la masse du premier voyage, avec \(24 \leqslant x \leqslant 40\). Étudier les variations de \(S(x) = P(x) + P(64 - x)\), et en déduire la répartition la moins chère.
La fonction \(m \mapsto m^{\frac{2}{3}} = e^{\frac{2}{3} \ln(m)}\) a pour dérivée \(\frac{2}{3} \, m^{- \frac{1}{3}}\), donc :
$$ S'(x) = \frac{200}{3} \left( \frac{1}{\sqrt[3]{x}} - \frac{1}{\sqrt[3]{64 - x}} \right) $$Le signe se lit sans calcul : la fonction racine cubique est croissante, donc \(\frac{1}{\sqrt[3]{x}}\) est décroissante. Pour \(x < 32\), on a \(x < 64 - x\), donc \(\frac{1}{\sqrt[3]{x}} > \frac{1}{\sqrt[3]{64 - x}}\) et \(S'(x) > 0\).
\(S\) est donc strictement croissante sur \(\bigl[ 24 \ ; \ 32 \bigr]\). Et comme \(S(64 - x) = S(x)\), elle décroît symétriquement sur \(\bigl[ 32 \ ; \ 40 \bigr]\) : le maximum est au milieu, et le minimum aux deux bouts, qui décrivent la même répartition.
$$ S(24) = 100 \left( 24^{\frac{2}{3}} + 40^{\frac{2}{3}} \right) \approx 100 \, \bigl( 8{,}32 + 11{,}70 \bigr) \approx 2 \ 002 $$$$ \text{une péniche pleine à} \ 40 \ \text{t et une à} \ 24 \ \text{t} $$ -
Formuler en une phrase la règle de chargement que la coopérative peut retenir, et dire ce qu'elle deviendrait si le tarif était proportionnel à la masse.
L'écart entre les deux répartitions est mince - \(14 \ \text{€}\) sur \(2 \ 000\) - mais il va toujours dans le même sens : plus la répartition est déséquilibrée, moins elle coûte.
$$ \text{remplir chaque péniche au maximum, et laisser le reste au dernier voyage} $$Si le tarif était proportionnel, c'est-à-dire \(b = 1\), alors \(S(x) = a \, x + a(64 - x) = 64 \, a\) : toutes les répartitions coûteraient la même chose, et la question ne se poserait pas. C'est l'exposant \(\frac{2}{3}\), plus petit que \(1\), qui récompense les gros chargements.